mardi 8 septembre 2015


ELLE ÉTAIT MA PREMIÈRE TERRE


Je serai au Village du Livre, à la Fête de l'Huma, le samedi 12 et dimanche 13 septembre 2015 avec ma dernière publication Elle était ma première terre, Éditions Parole, et De si beaux ennemis chez le même éditeur.
A bientôt!

Elle était ma première terre« Je vis sans elle. Son Dieu était compréhensif et ne lui tenait pas rigueur de ses infidélités et de ses libertés. Soucieuse de ses enfants et du monde, elle lui demandait d’intercéder, de donner un coup de pouce, de faire descendre sur cette terre violente et inapaisée un peu de sa rahma, de sa miséricorde.
Je suis née dans sa chair. Elle était ma première terre, mon seul pays natal. »
Soumya Ammar Khodja évoque dans un texte sobre et pudique la disparition de la mère. Au-delà de sa résonance intime, cet événement renvoie à des interrogations communes et spécifiques : la prime origine, le lien singulier entre une mère et une fille, la solitude, le déni de la douleur en milieu hospitalier, le statut de la vie et de la mort, la force de l’amour, le manque de l’être à jamais absent et, en notes à peine appuyées, l’exil et la distance…
Lire un extrait.

mercredi 20 mai 2015

Olga

Olga
Fragment 

En écoutant ce mardi 19 mai l'émission d'Emmanuel Laurentin La Fabrique de l'Histoire (France-Culture) consacrée à la Patrimonialisation de l'Histoire et de la Mémoire de l'Esclavage, du local au global* et ses invités Myriam Cottias, Pascal Liévaux et Sarah Abel, j'ai repensé à l'une de mes nouvelles intitulé Olga, composée il y a quelques années,  en attente d'être reprise un jour ou l'autre... 

En voici un fragment :

...Le père d’Olga, quant à lui, menait grand train. Il pouvait se le permettre grâce à la fortune de son épouse. La famille de cette dernière était issue d’une lignée d’armateurs considérablement enrichis de la traite négrière. La splendide demeure rapportée dans la corbeille de la mariée datait du dix-huitième siècle.
Siècle où Nantes, premier port de France, occupa le rang envié de première place négrière d’Europe. Pourtant aucun titre de gloire n’était apposé sur le fronton de la maison pour rappeler qu’elle avait été élevée grâce aux bénéfices rapportés par le commerce des humains. Si la révolution devait amoindrir les richesses de la famille, il en resterait assez pour que les générations successives pussent vivre confortablement et même luxueusement.
Olga, dont les parents ne savaient pas qu’elle furetait dans les archives familiales, avait découvert d’étranges papiers, des lettres échangées entre ses aïeux armateurs et des banquiers.
Les diverses correspondances, soigneusement classées, tournaient autour d’emprunts, de remboursements, de gains chiffrés. Si elle reconstitua le parcours des bateaux marchands qui partant de Nantes, s’arrêtaient aux côtes africaines pour repartir vers les Amériques, elle eut quelque mal à saisir la nature de la marchandise transportée. Et encore moins celle dont il avait fallu se débarrasser lors de la traversée pour cause d’avarie.
“C’était pourtant évident mais mon cerveau bloquait”, raconta-t-elle à Léo. La clarté sans fioritures des descriptifs eut raison de ses résistances. La nausée lui tordit les tripes, déstabilisant son équilibre. Désormais et quoi qu’elle fît, les murs qui l’avait vue naître seraient tendus de peaux humaines.
Elle voulut aborder le sujet avec sa mère. “Quand je lui ai dit qu’il est ignoble de vendre des êtres humains, elle m’a regardé avec des yeux… J’ai compris que c’était peine perdue...” 
©Soumya Ammar Khodja

*Intitulé du Colloque qui se déroulera aux Archives Nationales, les 21 et 22 mai 2015, 
Site de Pierrefitte-sur-Seine
59 rue Guynemer
93380 Pierrefitte-sur-Seine
Métro 13 arrêt Saint Denis Université.


mardi 28 avril 2015



Dans le cadre du Festival de Caves – créations souterraines – à Besançon,
10ème édition (03 63 35 71 04)

à l'invitation de David Ball
coordonnateur des lectures de poésie du Festival
-Lectures du mardi-

Parcours en poésie
Évocation et résonances

avec
Soumya Ammar Khodja
poète et nouvelliste

Mardi 5 mai 2015 à 19h
à la Chapelle du Scénacle
6 rue de la Vieille Monnaie
25 000 Besançon

Entrée libre


«L'aube point
Sous ses rondes paupières
La dormeuse retient encore
Les larmes de ses chagrins enfouis

Ses rêves racines vives
Plongent dans le terreau de chair
Des douleurs sans nombre
Qui peuplent la terre
Et sa poitrine se soulève
Et de sa bouche s'échappe
Un gémissement

L'homme étendu contre sa hanche
Compagnon de ses traversées
Se lève et ouvre les portes du jour

Pour que s'échappe l'eau
Qui glisse sur les joues de la dormeuse
et rejoint le fleuve la source la mer l'océan
Larmes du monde et miséricorde...»
Soumya Ammar Khodja

lundi 20 octobre 2014

Du côté de Zone Art, Rencontre-Lecture autour de De si beaux ennemis


Du côté de Zone Art, De si beaux ennemis

Ils vinrent ce jeudi 9 octobre 2014, à la soirée Lecture à quatre voix organisée par les Editions Parole, aux Ateliers Zone Art de Besançon. Ils vinrent nombreux, nous faisant le cadeau de leur temps, de leur présence et de leur écoute. Mes amis et les amis de mes amis, ceux que je connais, ceux que je ne connais pas et que je connais désormais.
Je n'en suis pas à la première rencontre publique - je peux me retourner et en compter un nombre plutôt honorable -   mais jamais l'attention d'autrui ne me paraît comme une donnée en soi, comme une évidence. C'est, à chaque fois, un pari. Pari contre le climat (eh oui!), "contre" les nombreuses possibilités de passer une soirée, contre l'inintérêt, tout simplement. Que l'on me choisisse parmi d'autres propositions me touche et renforce mon exigence vis à vis de moi-même. 
Les 4 voix ont été celles de Jean Darot, mon éditeur, de Claude Fosse, d'Anne Darot et la mienne. Les passages lus au public ont été extraits des nouvelles : "Trois petites notes de musique", "De si beaux ennemis", la nouvelle éponyme, "Le mal est-il de vivre", "Les vagues déposent sur le sable", "Intérieurs", "Une aube pourpre et douce" . Attention, intensité, gravité, joie, sont les mots qui pourraient caractériser cette soirée. 
La veille, mercredi 8 octobre, j'avais eu un bel article dans l'Est-Républicain contribuant, à sa manière, à la réussite de cette Lecture-Rencontre. Un autre mot : synergie. Vous savez, quand des personnes avancent "main dans la main" pour l'aboutissement d'un projet. Anne Darot y a apporté son sérieux et son obstination tranquille. Sahiti. Thank you.

         

Dernières vérifications avant lecture, Claude, Anne, Soumya


"Vue" d'ensemble


En pleine explication du titre De si beaux ennemis
Dédicace

mercredi 24 septembre 2014

Rencontres avec
Autour de 
De si beaux ennemis et autres nouvelles
et de ses autres ouvrages,

1- Vendredi 26 septembre 2014
à 18 h 30, 
à la librairie La Boite de Pandore

15 Rue Perrin, 39000 Lons-le-Saunier

Tél: 09 60 14 91 44



2-  Jeudi 9 octobre 2014
 à 19h00 

Cour du 37 rue Battant, 25000 Besançon

Lecture à quatre voix du livre 
De si beaux ennemis 
de Soumya Ammar Khodja
organisée par les Éditions Parole.



samedi 6 septembre 2014


Homme libre, toujours tu chériras la mer

« Homme libre, toujours tu chériras la mer », le premier vers du poème « L'homme et la mer » de Charles Baudelaire a été le signe emblématique de l'exposition collective (peintures, sculptures, photographies), organisée par l'Association Bloganozart , le 4 et 5 juillet 2014 dans le cadre du Festival Pirate du Tréport. Les exposants ont été Catherine Gendron, Jacques Cauda, Elise Vincent, Laura Liéveaux, Carmen Aguirre-Bilon, Daniel Vincent, Jean-Louis Moatti, Aimée Dang et Déborah Vincent.

Le vernissage a eu lieu le 4 juillet, vers 18 heures. Il a été marqué par deux moments de lecture :
  • Le premier a concerné les textes sélectionnés à l'issue du premier concours littéraire organisé par Bloganozart sur le thème de la mer, des monstres marins et des pirates. L'Appel du large de Benoît Camus, Chant XII de Gabrielle Jarzynski et Effet mer de Florence Malleus. Les trois textes primés ont été lus par Déborah Vincent, Catherine Gendron et Françoise Vincent.
  • Le deuxième a réuni un choix de poèmes et fragments autour de la mer. Dans l'ordre de résonance, voici :
  1. « L'Homme et la mer » de Baudelaire
  2. Les trois premières strophes d' « Oceano Nox » de Victor Hugo
  3. « La mer arpente les rues » de Mahmoud Darwich
  4. « Et l'amour et la mer » de Pierre de Martboeuf
  5. « Au mitan de la mer » extrait de la poésie crétoise populaire : "Au mitan de la mer, je planterai des oliviers/Et quand ils porteront des fruits, alors je croirais à l'amour..."
  6. « Aurore sur la mer » de Renée Vivien
  7. « Sables mouvants » de Jacques Prévert
  8. « La mer s'est retirée » de Jacques Charpentreau
  9. Un fragment de Mahmoud Darwich :                                                                                  "Je vois ce que je veux de la mer... moi je vois la flambée des goélands au couchant...
  10. En final, la première strophe du poème « Éternité » d'Arthur Rimbaud :

"Elle est retrouvée.
Quoi ? - L'Éternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil..."

J'ai eu le bonheur de les choisir et de les dire - de chanter un bout a capella, plus
Photo D. Vincent
exactement les deux vers répétitifs : "Démons et merveilles/Vents et marées" du poème de Prévert - soutenue par l'adhésion et la confiance d'ÉliseVincent et de Déborah Vincent, organisatrices de l'événement, présidente et vice-présidente de l'Association Bloganozart : deux jeunes femmes dynamiques et passionnées, elles-mêmes artistes, œuvrant pour la promotion artistique et culturelle.
Ce fut une belle fin d'après-midi même si le beau temps ne fut pas de la partie. [Restée dans la valise la jolie et légère robe d'été prévue pour la circonstance. La coquetterie, ce sera pour une autre fois...]. La beauté des images et des objets exposés, l'attention des visages, l'écoute, la sympathie, les échanges, les rires, sans oublier les saveurs d'un buffet maison offert aux présents, rattrapèrent l'humidité et la grisaille de la météo, en ce mois de juillet... Mais la mer est toujours belle au Tréport, quelle que soit la saison. Ses falaises, son phare, certaines anciennes rues m'émeuvent encore et toujours.

Les chemins de l'amitié et de l'internet m'ont menée à Bloganozart. Florence Mabille, une amie, artiste en art brut, m'avait envoyé un message collectif et un lien vers l'association. J'étais allée voir et depuis... il y eut cette lecture et ma contribution à un ouvrage collectif Encuentro sur le thème de la rencontre dont la publication est prévue le mois d'octobre 2014.
En fait, Encuentro est l'intitulé d'un double événement important : une exposition
Encre et glycéro sur papier de Déborah Vincent
collective réunissant 9 artistes et un recueil littéraire comptant 10 auteurs. Cela se passera à la
Galerie 3F, 58 rue des Trois Frères, à Paris du 6 au 12 octobre 2014. Le vernissage aura lieu le vendredi 10 octobre de 19h à 21h. Conjuguant « activité éditoriale et commissariat d’exposition », l'Association Bloganozart se donne ainsi l'objectif de promouvoir création littéraire et création artistique.

lundi 1 septembre 2014

Vague après vague, les mots

Vague après vague, les mots

Le vendredi 20 juin 2014 a eu lieu, au restaurant Mon Loup, du côté de la rue Pasteur à Besançon, une lecture publique intitulée Vague après vague, les mots, aboutissement d'ateliers d'écriture que j'ai animés, l'année 2013/2014.
Mus par leur désir et leur goût d'écrire, Joseph Boisson, Lucienne Bourgain, Martine Compant, Michèle Jourdan, Véro Prétet et Nelly Takadoum se sont prêtés vaillamment, et non sans talent, à l'exercice de la lecture à voix haute de leurs textes, devant un public attentif et bienveillant.

Composés à partir d'un choix de propositions d'écriture, les textes se sont déployés, vague après vague, chacune figurant une thématique :

1-Je me souviens, dans le désordre du souvenir, à plusieurs voix
2-Duo fantaisie
3-Titres de films détournés
4-Un jour je suis né-e
5-Langue infinitive
6-Ville, déclinaisons

Quelques observations sur certaines de ces propositions d'écriture :
-La première est évidemment infiniment féconde, des souvenirs les plus infimes aux plus structurés.
-La troisième a donné des résultats intéressants, mêlant jeu, souvenirs personnels et inventivité, en résonance avec le « défi » plaisant  et productif : détourner des titres de films pour composer des textes.
Il s'agissait de : « Les quatre cents coups » de Truffaut (1959), « La chute » (aucun lien avec le roman de Camus) d'Olivier Hirschiegel, 2004, « Le silence des agneaux » de Jonathan Demme, 1991, « Marianne de ma jeunesse », de Julien Duvivier, 1955, « Danse avec les loups » de Kevin Costner, 1990, « La planète des singes » de Franklin Schaffner, 1968, « La nuit a peur du soleil » de Mustapha Badie, 1965 d'une part et d'autre part de : « A l'ouest rien de nouveau » de Lewis Milestone, 1930, « Autant en emporte le vent » de Victor Fleming, 1939, « De battre mon cœur s'est arrêté » de Jacques Audiard, 2005, « Nous nous sommes tant aimés » d'Ettore Scola, 1974.
[Au gré de ma déambulation sur la toile, j'ai appris qu'un dialogue théâtral a été entièrement conçu avec 154 titres de films : « Un couple rompt au restaurant en utilisant uniquement des titres de films dans sa conversation, telle a été l'idée de la chaîne YouTube POYKPAC Comedy. 154 titres de productions ont été utilisés en tout pour créer cette scène de rupture pour le moins originale... ». Confortant ainsi la piste créative de titres de films, en tant que tels, rebondissant vers d'autres possibilités.]
-La cinquième : il s'agissait de faire découvrir la force d'expression de l'infinitif, sa puissante sobriété.
Surprenants, réjouissants, émouvants, selon la personnalité des auteurs et l'angle d'approche retenu, les textes, au total, n'ont pas laissé indifférents celles et ceux qui écoutaient. Écoute précieuse et encourageante donnant sens au projet de lecture, justifiant efforts et temps consacrés.
Lors des animations d'ateliers, ma démarche a été constamment sous-tendue par un principe : chacun peut s'autoriser à trouver la part écrite de sa langue personnelle, à travers sa sensibilité propre, ses mots. Hors de toute intention littéraire – qui pourrait advenir, bien sûr, - on peut déjà élaborer sa langue écrite, entrer en relation avec la langue et dans cette mise en relation, appréhender son univers intérieur, formuler le monde. D'une certaine façon, les propositions d'écriture sont des portes d'entrée vers la langue. Et parce que la langue existe en dehors de nous, dynamique, riche du réel, dense, lourde des apports de l'histoire, des civilisations et des cultures, il revient à chacun d'enrichir sa langue à la source vivifiante des livres et des dictionnaires...

La lecture s'est déroulée, entourée, en quelque sorte, de l'exposition de Collages de Monique Girardot, illuminant les murs du restaurant.


Offrande
La vague finale que je n'avais pas prévue a été la surprise d'un texte, sympathique et gentiment taquin, écrit collectivement sur ma façon d'animer les ateliers, de l'offrande d'un bouquet de fleurs. Émotion. (J'ai beaucoup de chance. A Alger, j'ai eu également droit, à la dernière séance des Ateliers, à un bouquet de fleurs, offert, je m'en souviens, par Ghania)
Merci à la maîtresse des lieux Catherine Dussert, de nous avoir ouvert son espace pour notre lecture, attitude d'accueil qui contribue, parmi d'autres, à la convivialité d'une ville, merci à Aurélie, à Julie.
La main sur le cœur, Merci au public qui avait toutes les raisons de ne pas venir : - beau temps, veille de la fête de la musique dont les premières notes se faisaient déjà entendre au centre-ville, matchs de foot divers - et qui a répondu présent ! De quoi avoir envie de récidiver !