mardi 8 mars 2016

Elle est en femme...


"-Elle est en acier! Elle est en femme, simplement, et cela suffit" Colette, La Vagabonde



Printanières

vous avez aimé vous défaire
des jours étroits
qui n'étaient plus vôtres
et retrouver le tact du sel
la mémoire ancienne
la mémoire têtue
du rêve

Chœur de peupliers bruissant d'oiseaux
Théories de dures et graves résistances
Vos vies parées d'étoiles et de perles d'eau
La mer est venue les sculpter
Ainsi rendues à votre gloire et insolence
Vous avez proclamé devant le peuple des méduses
L'ampleur du souffle le refus des barbelés
L'exigence du mouvement sa foulée précise
Faisant rebrousser chemin aux ombres brutales
Vous avez convoqué la clarté
Déplié l'immensité et la rosée
A fleuri sur vos épaules

vos épaules fières
qui n'ont plus craint
la pluie des pierres
striant de sang le chant
le chant affleurant
du cœur des volcans

Et vous avez dansé
Printanières et immémoriales
Votre liberté votre splendeur
En atours.
Soumya Ammar Khodja
Poème publié la première fois dans
Littératures Pleins Suds
Langues, Histoire, Mémoire
Mélanges pour Christiane Chaulet Achour
Numéro hors série
revue Algérie Littérature Action,
Du coeur des galets Normandie 2015
juin 2015

dimanche 14 février 2016

Azzedine Medjoubi

Que sont mes amis devenus?

Il était acteur, directeur de théâtre. Talentueux, passionné, beau de sa passion, brûlant de son feu intérieur, il avait la vie devant lui... Mais ILS en décidèrent autrement, un 13 février 1995.
Navigatrice, navigateur, si vous accostiez par là, et que vous découvriez pour la première fois son nom : Azzedine Medjoubi et que vous vouliez savoir comment meurent les artistes, les dramaturges, les poètes, voguez sur la vaste mer et demandez...

"Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous"

vendredi 12 février 2016

Saint-Valentin Les murs contestent

En marchant, en photographiant
Rue Battant, février 2011

Rue Battant, Besançon, février 2011





jeudi 24 décembre 2015

Mots ouverts



Ô amis

Ne disparaissez jamais
Élargissez le cercle et l'assemblée
Accueillez les errants les réprouvés
Offrez-leur l'espace de votre regard
A vos côtés faites-leur place
Partagez le pain le sel et les mots
Non les mots gourds et sourds
Mais les mots ouverts et palpitants
Du cœur vivant de votre humanité.
Soumya Ammar Khodja



Trèfles pour 2016

mercredi 16 décembre 2015

Réserver la parole à autre chose


La maison de Natyk

s'asseoir
comme un inconnu
poser les mains
sur la table

du regard
simplement
demander asile
et permission

user du pain
et du feu
qu'on n'a pas faits
soi-même

ramasser les miettes
à la fin
pour les porter
aux oiseaux

ne dire qui l'on est
d'où l'on vient
ni pourquoi

réserver la parole
à autre chose
et mettre sa chaise
à la fenêtre.

Mohammed Dib
Alger 2012

Les nuages qui passent...


L’étranger

"Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?

- Je n'ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.
- Tes amis ?
- Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu.
- Ta patrie ?
- J'ignore sous quelle latitude elle est située.
- La beauté ?
- Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle.
- L'or ?
- Je le hais comme vous haïssez Dieu.
- Eh! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
- J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages !" 

Charles Baudelaire 

Tréport 2011


dimanche 15 novembre 2015

Depuis...


...Depuis que vos rires n'irisent plus
Le bord des vagues ni ne chantent
Sur le haut des montagnes

Depuis que vos souffles ne se mêlent plus
Aux blés parcourus de vifs coquelicots
Et que vos voix n'ensoleillent plus le paysage

Depuis que les miroirs
Ne réfléchissent plus vos visages
Et que la terre ne porte plus vos pas

De votre absence
Elle a fait sa demeure
De votre manque
Elle tisse sa mémoire
Et le vent qui gémit
Ne lui parle que de vous...

Soumya Ammar Khodja

Fleurs de Paris 2015